4 mois

120 jours qui sont passés à une vitesse folle, l’impression d’avoir vécu tellement, d’avoir tellement appris.

J’ai entraîné 50 chiens pour les preparer à la plus grande course de Norvege.

J’ai conduit un quad, dans la neige, dans la boue, sur la glace, le tout tiré par 16 chiens. J’ai aussi conduit la Subaru sur la neige, la glace …

J’ai emmené ma mère faire du chien de traîneau, je lui ai fait traverse l’Europe seule en avion.

J’ai fait du ski pour la première fois avec mon meilleur ami.

Justine est venu, m’a soutenu, et je l’emmèné en traîneau et en quad.

J’ai fait du kayak, du geocaching, de la randonnée avec traction assistée par chien.

J’ai appris à allumer un feu, a survivre par grand froid, a gérer un chien mais aussi 50.

Et surtout … j’ai participé à l’une des 3 plus grandes courses de Norvege, j’ai fait 200 kilomètres en 24 heures, trouvé des solutions pour avancer, seul avec mes chiens au milieu de nul part.

Je n’ai pas pu finir cette course, bloqué par une tempête de neige, mais j’ai survécu à ces heures compliques dans la montagne ou toute mauvaise décision peut rapidement devenir critique. J’ai survécu et je suis revenu plus fort, avec encore plus de confiance en moi et de certitudes.

J’ai l’impression d’etre arrive en Norvege en tant qu’enfant et de repartir en tant qu’homme.

J’ai eu du temps pour lire et surtout réfléchir, méditer, penser, visualiser. Je me sens pret, plus mature pour avancer dans une vie qui me semble plus cohérente avec ce que je veux vraiment.

La page se tourne apres 4 mois. Une nouvelle page pour une nouvelle aventure.

Seul au monde

Personne devant, personne derrière moi …
Autour de moi de la neige, des arbres blanc, la nature, 10 chiens qui tirent un traîneau
Je n’entends que le vent, le bruit des patins sur la neige, des pattes des chiens sur la neige, leurs souffles.
Je ne sens rien, il fait trop froid pour ça.
J’ai mangé, découvert le plaisir de boire un thé chaud et de manger une banane au milieu des montagnes Norvégienne. J’ai eu souvent un large sourire, preuve de mon plaisir et de mon bonheur.

Je dois suivre une trace que je ne vois pas, ou pas intermittence, je dois faire confiance à mes chiens qui voient et suivre cette trace malgré le vent, la neige.

Je sais qu’en cas de problème je suis seul, loin de tout, et que je devrais me débrouiller. Chaque seconde d’inattention peut-être fatal.

Aujourd’hui j’ai fait plus de 90 kilomètres, sur un traîneau, seul au monde, responsable de moi et de mes dix chiens. Je n’ai pas vu le temps passer, j’ai profiter de ces dix heures, je suis revenu, encore un peu plus fort et sûr de moi.

Émotions de musher

Glisser sur un lac gelé, les chiens accélèrent, derrière moi j’entends la classe qui travaille, qui craque legerement, le paysage est magnifique, par endroit la classe est plus transparente et je sens les poils de mes Avants bras s’herisser

Les deux pieds sur les patins, une main sur le traîneau et énormément de plaisir. Les chiens avancent à une vitesse folle, je balance légèrement à droite ou à gauche. Je me sens comme un capitaine en pleine mer.

Un mot, il suffit d’un AH ou d’un GI pour qu’immédiatement les chiens obéissent et changent de direction. Cela a pris du temps mais nous ne faisons qu’un voguant au milieu de la neige.

Tout est blanc, je n’arrive plus à distinguer le sol, le ciel, à perte de vue ce n’est que blanc. Et sur cette grande toile vierge, juste à mes pieds je vois les chiens. Je dois leur faire confiance car eux celles « voient » la trace qui nous ramènera à la maison.

Apres plusieurs heures d’entraînement avec les chiens, des galères, plusieurs chutes … la maison est la, Avec la fierté de revenir en un seul morceau, d’avoir ramené les chiens, d’avoir su tout géré, seul face aux difficultés.

Repousser toujours plus ses limites, avoir toujours plus de chiens, faire plus de kilomètres, rester plus longtemps sur le quad ou le traîneau … aller au bout, quelques soit les difficultés. Ne pas avoir d’autre choix que de trouver une solution et de réussir …

Cette aventure est dure, les conditions sont difficiles, … mais j’ai des certitudes : je suis devenu un homme, je suis plus fort, je suis plus confiant …

Abandon

J’ai presque abandonner.

Mais seulement presque …

Je vais aller au bout, passer la ligne d’arrivée et savourer !

Hors du temps

C’était un moment hors du temps … j’ai gravi une montagne, tiré par huit chiens, j’ai vu des centaines de traces d’animaux, j’ai traversé un brouillard dans lequel je ne voyais pas à 10 mètres, …

Et puis je me suis retourné, en haut de cette montage, entouré par toutes ces autres montages et avec à mes pieds la vallée. Le paysage était extraordinaire, les conditions fantastiques, les chiens hallucinants.

Un grand moment de découverte, une vraie aventure, un vrai moment de folie au pays des mushers ! La première fois que je comprends pourquoi on peut réellement être addict au chien de traîneau.