Seul au monde

Personne devant, personne derrière moi …
Autour de moi de la neige, des arbres blanc, la nature, 10 chiens qui tirent un traîneau
Je n’entends que le vent, le bruit des patins sur la neige, des pattes des chiens sur la neige, leurs souffles.
Je ne sens rien, il fait trop froid pour ça.
J’ai mangé, découvert le plaisir de boire un thé chaud et de manger une banane au milieu des montagnes Norvégienne. J’ai eu souvent un large sourire, preuve de mon plaisir et de mon bonheur.

Je dois suivre une trace que je ne vois pas, ou pas intermittence, je dois faire confiance à mes chiens qui voient et suivre cette trace malgré le vent, la neige.

Je sais qu’en cas de problème je suis seul, loin de tout, et que je devrais me débrouiller. Chaque seconde d’inattention peut-être fatal.

Aujourd’hui j’ai fait plus de 90 kilomètres, sur un traîneau, seul au monde, responsable de moi et de mes dix chiens. Je n’ai pas vu le temps passer, j’ai profiter de ces dix heures, je suis revenu, encore un peu plus fort et sûr de moi.

Émotions de musher

Glisser sur un lac gelé, les chiens accélèrent, derrière moi j’entends la classe qui travaille, qui craque legerement, le paysage est magnifique, par endroit la classe est plus transparente et je sens les poils de mes Avants bras s’herisser

Les deux pieds sur les patins, une main sur le traîneau et énormément de plaisir. Les chiens avancent à une vitesse folle, je balance légèrement à droite ou à gauche. Je me sens comme un capitaine en pleine mer.

Un mot, il suffit d’un AH ou d’un GI pour qu’immédiatement les chiens obéissent et changent de direction. Cela a pris du temps mais nous ne faisons qu’un voguant au milieu de la neige.

Tout est blanc, je n’arrive plus à distinguer le sol, le ciel, à perte de vue ce n’est que blanc. Et sur cette grande toile vierge, juste à mes pieds je vois les chiens. Je dois leur faire confiance car eux celles « voient » la trace qui nous ramènera à la maison.

Apres plusieurs heures d’entraînement avec les chiens, des galères, plusieurs chutes … la maison est la, Avec la fierté de revenir en un seul morceau, d’avoir ramené les chiens, d’avoir su tout géré, seul face aux difficultés.

Repousser toujours plus ses limites, avoir toujours plus de chiens, faire plus de kilomètres, rester plus longtemps sur le quad ou le traîneau … aller au bout, quelques soit les difficultés. Ne pas avoir d’autre choix que de trouver une solution et de réussir …

Cette aventure est dure, les conditions sont difficiles, … mais j’ai des certitudes : je suis devenu un homme, je suis plus fort, je suis plus confiant …

Abandon

J’ai presque abandonner.

Mais seulement presque …

Je vais aller au bout, passer la ligne d’arrivée et savourer !

Hors du temps

C’était un moment hors du temps … j’ai gravi une montagne, tiré par huit chiens, j’ai vu des centaines de traces d’animaux, j’ai traversé un brouillard dans lequel je ne voyais pas à 10 mètres, …

Et puis je me suis retourné, en haut de cette montage, entouré par toutes ces autres montages et avec à mes pieds la vallée. Le paysage était extraordinaire, les conditions fantastiques, les chiens hallucinants.

Un grand moment de découverte, une vraie aventure, un vrai moment de folie au pays des mushers ! La première fois que je comprends pourquoi on peut réellement être addict au chien de traîneau.

Ma première fois

Je pensais que j’allais être de nombreuses fois passager avant de conduire un traîneau tiré par des chiens et en fait ça été plus vite que ça.

Stein m’a dit : demandé m’a demandé si je voulais conduire (musher) 6 chiens le lendemain. J’ai dit oui. Simple efficace.

Le lendemain il m’a expliqué : tu as un frein (qui c’est avéré bien efficace) quand tu appuis sur cette plaque avec tout ton poids et tu as un frein à main : les deux ancres en métal.

Et c’était parti ! Autant dire que je ne faisais pas le fier avec mes 6 chiens, mon expérience inexistante et une légère appréhension.

C’est difficile d’expliquer ce que c’est de conduire un traîneau, c’est un peu comme être au volant d’une voiture mais :

  • vous ne pourriez qu’espérer que la voiture freine (les freins ne seraient pas suffisant pour arrêter la voiture si le moteur ne décide pas de s’arrêter)
  • qui démarre, accélère, freine, tourne à droite, tourner à gauche, … selon la volonté du moteur
  • qui n’a quasiment pas de direction fonctionnelle
  • qui n’a aucun amortisseur
  • qui peut se retourner très facilement
  • où le conducteur est en permanence debout

Mais quel pied c’était cette première fois, le temps était magnifique, les paysages sublimes, par chance je ne suis pas tombé une seule fois (malgré la bonne dizaine de fois où je n’avais plus qu’une main qui tenait le traîneau, le reste du corps complètement à l’extérieur)

Première fois que je pilote un traîneau avec des chiens

Ca c’est tellement bien passé c’est 50 premiers kilomètres que j’ai répondu immédiatement par l’affirmative lorsque Stein m’a demandé si je voulais y retourner avec 8 chiens cette fois-ci.

Après la 7ème heure j’étais complètement rincé, heureux, fier et re-motivé pour les prochaines semaines et pour la préparation de ma course.

C’est fait, reste à apprendre, m’améliorer et me préparer sérieusement !