Ma première fois

Je pensais que j’allais être de nombreuses fois passager avant de conduire un traîneau tiré par des chiens et en fait ça été plus vite que ça.

Stein m’a dit : demandé m’a demandé si je voulais conduire (musher) 6 chiens le lendemain. J’ai dit oui. Simple efficace.

Le lendemain il m’a expliqué : tu as un frein (qui c’est avéré bien efficace) quand tu appuis sur cette plaque avec tout ton poids et tu as un frein à main : les deux ancres en métal.

Et c’était parti ! Autant dire que je ne faisais pas le fier avec mes 6 chiens, mon expérience inexistante et une légère appréhension.

C’est difficile d’expliquer ce que c’est de conduire un traîneau, c’est un peu comme être au volant d’une voiture mais :

  • vous ne pourriez qu’espérer que la voiture freine (les freins ne seraient pas suffisant pour arrêter la voiture si le moteur ne décide pas de s’arrêter)
  • qui démarre, accélère, freine, tourne à droite, tourner à gauche, … selon la volonté du moteur
  • qui n’a quasiment pas de direction fonctionnelle
  • qui n’a aucun amortisseur
  • qui peut se retourner très facilement
  • où le conducteur est en permanence debout

Mais quel pied c’était cette première fois, le temps était magnifique, les paysages sublimes, par chance je ne suis pas tombé une seule fois (malgré la bonne dizaine de fois où je n’avais plus qu’une main qui tenait le traîneau, le reste du corps complètement à l’extérieur)

Première fois que je pilote un traîneau avec des chiens

Ca c’est tellement bien passé c’est 50 premiers kilomètres que j’ai répondu immédiatement par l’affirmative lorsque Stein m’a demandé si je voulais y retourner avec 8 chiens cette fois-ci.

Après la 7ème heure j’étais complètement rincé, heureux, fier et re-motivé pour les prochaines semaines et pour la préparation de ma course.

C’est fait, reste à apprendre, m’améliorer et me préparer sérieusement !

Une journée normale (au printemps)

Une journée normale c’est :

  •  nourrir les chiens le matin (donc préparer les 30 kilos de viande par jour + les snacks)
  •  leur donner de l’eau
  • préparer les chiens pour l’entraînement (les harnacher, …)
  • préparer les pauses (eau, snack) pour les chiens
  • entraîner (entre 2 et 5 heures d’entraînements par équipe, il y en a trois)
  • nettoyer les excréments (rappelez-vous les 30 kilos de viande 😉
  • nettoyer les harnais après les entraînements
  • les nourrir encore après les entraînements
  • sortir les bébés et les faire marcher (11 chiens)
  • donner les médicaments, faire quelques soins, …
  • nettoyer, réparer, bricoler
  • faire un feu de bois pour se réchauffer et sécher les vêtements
  • charger le matériel pour le lendemain (talkie walkie, lampe frontale, …)

Le temps passe (différemment) ici en Norvège

Je ne sais plus quel jour nous sommes …

Je ne sais plus quelle heure est-il …

Les jours s’enchaînent, les journées de folie aussi, les nouvelles aventures (j’ai fait du canoye, du cani-cross, …).

Il fait maintenant tout le temps une température négative et les premiers flocons (on est en octobre) viennent de tomber mais non pas tenu 😉

Mes entraînements en solo avec les chiens se passent de mieux en mieux et le fait de connaître le nom de tous les chiens est un vrai plus.

J’avance bien dans mon défi « Bernard Werber » puisque j’en suis à mon 4ème livre en 4 semaines ! C’est un vrai plaisir de redécouvrir ces livres.

En gros tout va bien, un peu fatiguée, mon régime alimentaire laisse à désirer mais je vais bien. J’ai juste hâte que Justine, Aurélien et la famille puissent me rejoindre et venir vivre une partie de mon aventure !

Premiers pas

J’ai pris conscience de mon départ dans l’avion, j’ai compris la durée de mon absence dans le regard de mes proches.

Premier pas posé en Norvège après deux mois d’attente, j’y suis enfin … l’aventure va bientôt commencer.

Je n’ai pas vu Oslo, trop pressé de rejoindre mes hôtes et mon lieu de villégiature.

Un norvégien, grand, 90 kilos, un couteau à la ceinture, une énorme barbe, de magnifique yeux bleus m’a accueillit et fait monter dans son ÉNORME pick-up Chevrolet : l’aventure venait de commencer.

Sur la route j’ai croisé deux élans et un renard, j’ai compris le respect quasi institutionnel du respect des vitesses (300 euros l’amende pour excès de vitesse, même pour 10 km/h) et faillit croiser ma première aurore boréale (satané nuage).

Hier soir j’ai découvert ma chambre mais le noir de la nuit, ce qui m’a empêché de découvrir ce paysage que j’ai maintenant sous les yeux et qui sera le mien pour 5 mois !

 

La magnifique vue de ma chambre

Retour et départ

Je n’étais jamais parti vivre à l’étranger avec l’Irlande et sans Justine je ne l’aurais sûrement jamais fait … Pourtant l’envie de voir autre chose était présente, une minuscule flamme que j’ignorais moi-même.

L’Irlande a été la somme de plein de sensation : la découverte d’un autre pays, d’une autre culture, le bien être loin de la France, le manque des proches, le bonheur des longues randonnées, du dépassement de soi-même, …

J’ai aussi découvert et appris énormément de choses sur moi : ce que je voulais, ce que je ne voulais pas ou plus …

La finalité et le bilan c’est que j’ai envie de voir encore plus choses, plein de choses donc je repars … En Norvège avec comme défi : apprendre à devenir un musher (un conducteur de chien de traîneau).

Cette fois-ci le défi est encore plus grand : partir vivre à l’étranger, seul, dans le froid pour vivre une vraie grande aventure (humaine, sportive, …)

Je n’ai pas peur, je ne suis pas inquiet … juste impatient de découvrir mon futur quotidien pour les 5 prochains mois !

J’essaye pour l’instant de ne pas y penser, de ne pas trop le fantasmer en attendant de profiter de cette réalité froide qui m’attend.

Je suis bien préparé : physiquement, matériellement et mentalement.

Comme les 5 mois en Irlande je pense que je reviendrais changer par cette aventure. Meilleur, encore plus proche de mes envies, encore plus conscient de mes besoins.