Jonathan

Je ne connais presque que son prénom.

Je sais qu’il est jeune tout en étant incapable de lui donner un âge.

Je sais qu’il va mal, qu’il est à la rue et qu’il ne va pas y survivre.

J’aimerais penser que ce soir j’ai fait tout ce que j’ai pu pour lui mais c’est faux j’aurais pu faire bien plus.

J’ai lu dans son regard de la honte, de la gratitude, l’espoir et la fatalité.

Ce soir je vais me coucher sous ma couette et penser à Jonathan qui dort dans son duvet, sur son carton au fond de ce parking.

Comment puis-je trouver le sommeil, comment je pourrais me regarder dans le miroir demain matin ? Comment je peux laisser faire ça ? Comment la société arrive à avancer, à se glorifier d’une victoire sportive alors qu’ils sont tant à subir ce qu’on n’ose même pas regarder ?

Ce soir je me sens mal, j’ai honte, je me sens sale, …