Il y a de ces nouvelles qui vous bouleversent au point de ne plus dormir, de ne plus parler et de ne plus vouloir tout simplement. Celles qui vous poussent à haïr ceux qui restent à se plaindre, à vous couper du monde réel et à éteindre votre téléphone pour plus qu’aucune mauvaise nouvelle ne puisse vous être annoncée.

Après plusieurs jours de mutisme le plus total et d’une solitude profonde je ne sais toujours pas quoi pensé de tout cela et je n’ai toujours pas répondu aux dizaines de questions qui me hantent jour et nuit. Je pensais pouvoir mettre par écrit le résultat de mes longues heures de réflexion mais ce n’est pas le cas. Je n’arrive pas àécrire plus de deux lignes qui ne contiennent pas de multiples contradictions et autres illogismes fruits de mon état psychologique préoccupant. Je n’arrive toujours pas à être fixé sur ce que je pense de la vie, de la mort, du suicide, de l’amitié, des amis, de moi, de mes amis, de mes amours …

Pourtant je n’ai pas craqué, aucune larme n’a coulée, aucun mot n’a filtré : je me suis muré dans un silence profond, j’ai bâti une muraille que personne ne peut franchir pour essayer de me préserver des autres. Seul dans ma tour de tristesse je peux vivre ma douleur sans avoir à m’expliquer, me justifier de quoique ce soit. Je suis seul face à mon désespoir de ne pas comprendre, de ne pas pouvoir expliquer les choses et de pouvoir les changer. Il n’y a rien de sain dans cette démarche, je sais que c’est même totalement destructeur mais comme à chaque drame que je vis je réagis instinctivement de cette manière. Pourtant au fond de moi j’ai envie de craquer, j’ai envie de mettre à chialer comme une merde, j’ai envie de parler et de dire tout ce qui me hante mais quelque chose m’en empêche. Je pense que c’est par respect pour François, j’ai envie de montrer que je suis fort et adulte (mais le suis-je vraiment ?) et que demain quand il aura besoin de moi je serais là … mais est-ce que j’aurais la force et le courage d’être là ou est-ce que je fuirais comme d’habitude ?