La tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y’en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pasOn peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas questionQuelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraimentLe travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait longDans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rienQuand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loinUn enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos curs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

Le sol à trembler

De nombreux flashs …

La perte de conscience …

La peur …

La chaleur …

Un rappel à l’ordre qui doit servir de leçon, qui doit permettre de continuer sur le bon chemin, comme le balisage d’un sentier dont on aurait légèrement dévié.

Ne pas oublier …

Vivre …

Vision

Cette vision me hante …

Ce sous sol de parking, à l’arrière des poubelles, quelques cartons au sol entre deux murs de béton, l’odeur, la saleté, …

Ils sont deux, parfois trois couchés sur leurs cartons, dans leurs duvets de fortune.

J’essaye d’imaginer leur nuit sans pouvoir avoir assez d’empathie pour m’approcher de la réalité.

Pourtant ils sont là bas, moi ici au chaud. Qu’ai-je fais pour mériter ça ? Qu’ont ils fait pour mériter ça ?

Jonathan

Je ne connais presque que son prénom.

Je sais qu’il est jeune tout en étant incapable de lui donner un âge.

Je sais qu’il va mal, qu’il est à la rue et qu’il ne va pas y survivre.

J’aimerais penser que ce soir j’ai fait tout ce que j’ai pu pour lui mais c’est faux j’aurais pu faire bien plus.

J’ai lu dans son regard de la honte, de la gratitude, l’espoir et la fatalité.

Ce soir je vais me coucher sous ma couette et penser à Jonathan qui dort dans son duvet, sur son carton au fond de ce parking.

Comment puis-je trouver le sommeil, comment je pourrais me regarder dans le miroir demain matin ? Comment je peux laisser faire ça ? Comment la société arrive à avancer, à se glorifier d’une victoire sportive alors qu’ils sont tant à subir ce qu’on n’ose même pas regarder ?

Ce soir je me sens mal, j’ai honte, je me sens sale, …

Repenser le modèle

Plus de trente sur le même modèle, celui qu’on m’a inculqué, celui que j’ai vu à la maison, que j’ai vu dans les séries au cinéma et à la télévision, … Un modèle qui est celui des habitants d’une très très large partie de la population mondiale.

Travailler, acheter, consommer, accumuler, …

Et puis à l’aube de mes trente ans : les premières questions aboutissant sur les premières remises en question. J’ai éteint ma télévision et j’ai redécouvert l’esprit critique et la réflexion. Je l’ai revendu et avancé sur un long chemin qui partait d’un vide intellectuel vers une destination inconnue. Un chemin semé d’embûche, de cul de sac, d’incohérence.

A chaque nouvelle réflexion mon modèle s’effritait laissant place à des possibilités infinis. Chaque pas demandant de tout remettre en question, d’oublier des années de vie incohérentes dans ce nouveau modèle.

L’envie de tout changer sans vraiment le faire dans un premier temps car trop risqué, trop difficile. Choisir librement de perdre du confort, de perdre de la sécurité, …

Je n’ai pas à faire ces choix par obligation mais par réflexion car mon nouveau combat est d’être cohérent : avec moi-même et avec mes nouvelles croyances. Un combat difficile, presque impossible tant chaque jour est l’occasion d’ajouter des couches à mes nouvelles croyances : l’écologie, les priorités dans la vie, le partage, le travail, …

Pourtant chaque pas important pour avancer …